LUFFFM on 92.4FM

2008

Last News

Festival
LE LUFF RECRUTE ET OFFRE DES PLACES POUR LES SWANS!

Le LUFF se déroulera du 17 au 21 octobre 2012 et cherche à compléter son équipe! En nouveauté, 2 x 2 billets pour le... [En savoir plus]

Ailleurs, LAFF
Fantoche fête ses 10 ans

Du 4 au 9 septembre prochains, Fantoche vous accueille lors de son édition anniversaire à Baden pour une programmation... [En savoir plus]

Festival, Presse
John Waters se fait le LUFF!

Après avoir exporté le fleuron de la contre-culture helvète sur la scène tokyoïte en mai dernier, le LUFF redouble de... [En savoir plus]

Ailleurs, LAFF
Le NIFFF débute ce week-end et vous offre des invitations

En attendant la saison du LUFF, direction le NIFFF pour le meilleur du cinéma fantastique. Voici de quoi préparer le... [En savoir plus]

Cinéma
Dernier appel à films LUFF 2012

Nous avons le plaisir d'annoncer que nous prolongeons le délai de l'appel à films jusqu'au 15 juin 2012. Si vous... [En savoir plus]

Festival
Logez un artiste du LUFF!

Logez un invité (musicien, réalisateur, comédien, membre du jury…) de l’édition 2012 du LUFF! [En savoir plus]

New York Underground: Richard Kern

New York Underground: Richard Kern

Dans le quartier new-yorkais du Lower East Side, vers la fin des années 1970 début 1980, émerge une scène artistique radicale. Quel que soit le mode d’expression utilisé par les créateurs présents – au départ, appâtés par des loyers dérisoires, puis par l’effervescence culturelle générale – les codes et conventions sont pulvérisés au profit d’une démarche créatrice exutoire. Le mouvement musical No Wave fait son apparition, des happenings perturbés se multiplient, les plasticiens laissent libre cours à un style recyclant un héritage aussi multiculturel qu’hétéroclite. Et, dans l’Amérique conservatrice montante de Ronald Reagan, ce vivier marginal – dont Richard Kern est sans conteste le représentant le plus fumeux – se forge une unité en allant à contre-courant des règles établies et en faisant l’apologie du politiquement incorrect.

Né en 1954 en Caroline du Nord, Kern est très tôt initié aux joies de la photo par son père journaliste. Un média idéal pour le jeune garçon qui y trouve le moyen rêvé d'assouvir ses pulsions voyeuristes. En 1979, il intègre la scène new-yorkaise et investit un appart miteux, dans un immeuble insalubre peuplé d’artistes fauchés et de dealers d’héroïne. Il y monte un studio photo qui verra naître le style du futur auteur de « New York Girls ». Ses modèles sont des proches, des voisins, des filles d’un soir, fixés sur celluloïd dans des poses provocatrices, quand elles ne sont pas obscènes, qu'il publie dans des fanzines aux noms évocateurs (« The Heroin Addict », « The Valium Addict »), édités et distribués par ses soins. Parallèlement, Kern participe à quelques perfos dont le but premier est d’interloquer le spectateur, le perturber, voire le choquer. C’est aussi là le moteur de ses films qu’il commence à réaliser en 1983.

Ses courts, tournés en Super 8, sont conçus avec des moyens techniques rudimentaires et interprétés par des amateurs suffisamment allumés pour se laisser mettre en scène dans des avalanches de stupre et de sang. Ils enflamment, dans un premier temps, la scène des concerts de Jim Thirlwell (aka Clint Ruin, Fœtus) et Sonic Youth également auteurs des géniales bandes sonores indissociables des images de Kern. C’est l’émergence de ce qu’on appelle aujourd’hui le « Cinéma de transgression »; terme élaboré par Nick Zedd, collaborateur de Kern et réalisateur de films emblématiques du mouvement. Mais les films de Kern sont les plus percutants et les plus réussis de ce mouvement. Ils génèrent stupeur, fascination et indignation partout où ils sont montrés, allant jusqu’à provoquer des vagues de protestation; notamment des ligues féministes allemandes, lors d’une projection de Fingered à Berlin, en 1990. Ce film est aujourd’hui loué par ces mêmes personnes qui y voient désormais une ode féministe, sans doute grâce à la présence de Lydia Lunch dont le discours engagé s'est précisé avec le temps… Quoi de plus gratifiant pour l’ex-fauteur de troubles qu’est Richard Kern ?

L’artiste est aujourd’hui plus mature et surtout plus lucide sur son travail et sur cette période nihiliste. Son comportement autodestructeur, alimenté par les drogues, troublait sa perception d’une œuvre, certes furieuse, mais pas aussi sérieuse qu’il imaginait. Après la réalisation de Submit to Me Now en 1987, Kern fait un break d’un an, décroche de la dope et prend du recul. De retour à New York, il reprend la caméra et tourne des films dont l’orientation change peu à peu. Si la subversion reste, il y injecte un certain humour bon enfant et une importante remise en question de son statut d’artiste. Ainsi, ses sujets ne sont plus les seuls instruments de ses fantasmes, et c'est l’homme derrière la caméra qui devient l’objet des railleries de ses protagoniste brusquement affirmés.

Kern porte désormais un jugement réfléchi sur lui-même. Il s'autocritique et tourne une page de sa carrière, sans pour autant la renier, bien au contraire. Il met un terme à la réalisation en 1994, et, à l’exception de quelques bandes érotiques et vidéo-clips (Sonic Youth, Marilyn Manson ou The Breeders), il continue son travail de photographe, auquel la vague du « porno chic » doit beaucoup. Difficile de dire quel est l’impact réel de ses films et du Cinéma de transgression en général sur le cinéma actuel, mais force est de constater que rien de vraiment comparable n’existe aujourd'hui ou n’a existé. Le Cinéma de transgression semble être le représentant d’un mouvement cinématographique éphémère. Il reste avant tout le témoin d’un foisonnant vivier artistique vénéneux, aujourd’hui révolu, mais qui ne cesse de fasciner par sa radicalité, son innovation, ses mœurs extrêmes et son absence de morale.

Informations pratiques

Les places sont limitées, merci de vous présenter aux séances 20 minutes avant le début du film. Pour plus d'informations, consultez les informations pratiques.

Les changements de programme sur Twitter, Facebook ou RSS